La gravure sur metal

Pour compléter la présentation générale des trois grandes familles d’estampes, intéressons-nous à la gravure « in taglio » comme la gravure sur métal.

Impression intaglio Se dit des méthodes dont le trait sur la feuille résulte des lignes gravées et encrées. Les plaques gravées sont faites de zinc ou de cuivre. Fragiles, elles peuvent être renforcées par un processus électrique pour en tirer d’importantes éditions. Vous allez voir, ça se complique un peu.

La gravure (pointe sèche)

Ce qu’on nomme simplement « gravure » fait en fait référence à la plus vieille forme d’intaglio, l’acte de graver sur une plaque de métal à l’aide des outils de l’orfèvrerie. Intaglio vient de l’italien « entaille ». La gravure manuelle du métal crée des barbes puisque le matériau n’est pas enlevé mais déplacé. Ces barbes peuvent être retirées ou conservées (ce qui fait le charme de certaines gravures).
L’avantage de la technique est sa grande précision, permettant des lignes claires, tranchantes et fines, rendant les détails ou les jeux de lumière particulièrement convaincants.

Max Beckmann, Selbstbildnis mit steifem Hut, 1921, 53.7 x 41.9 cm, éd. de 50 (©ARS) Estampe, lithogravure, gravure, eau-forte, gravure sur bois
Max Beckmann, Selbstbildnis mit steifem Hut, 1921, 53.7 x 41.9 cm, éd. de 50 (©ARS)

Eau-forte

On nomme eau-forte l’acide qui permet de mordre le métal à la place des outils utilisés précédemment. La plaque est enduite d’un matériau gras (de l’asphalte par exemple), puis l’artiste dessine à l’aide de pointes. Il ne grave plus directement le métal mais retire, par son trait, l’enduit gras de la plaque. Celle-ci est ensuite plongée dans d’acide nitrique qui va ronger le métal aux endroits dessinés. La plaque est finalement nettoyée, encrée et les épreuves sont tirées.

Le grand avantage de l’eau-forte sur la gravure vient de ce que l’artiste n’a plus besoin de graver mais peut dessiner sur l’enduit qui oppose peu de résistance. Le processus est indirect et plus complexe, mais donne moins de travail à l’artiste (mais davantage à l’imprimeur !)
Différents bains successifs permettent d’approfondir la morsure de la plaque et d’intensifier le trait sur l’estampe produite. La technique de l’eau-forte est souvent combinée aux techniques qui suivent pour travailler la texture et les nuances de gris. Ces techniques fonctionnent sur le même principe.

Soulages eau forte lithographie
Pierre Soulages, Eau-Forte XVI

Aquatinte et mezzotinte (ou manière noire)

Ces deux techniques sont utilisées pour travailler les nuances de ton plutôt que les lignes de manière à remplir des espaces définis en niveau de gris.
L’acide va mordre la plaque autour des minuscules grains que constituent la résine. L’aquatinte est réalisée en saupoudrant la plaque de résine en poudre. La résine est ensuite solidifiée par la chaleur et la plaque plongée dans l’acide.

La manière noire, quant à elle, se rapproche davantage de la gravure en direct (pointe sèche) puisqu’elle emploie une sorte de lame composée de multiples pointes venant imprimer la plaque de trous permettant de retenir l’encre (l’acide n’est pas employé). Depuis l’apparition des techniques photographiques, la manière noire est tombée en désuétude, du fait de la grande difficulté de la technique.

Photogravure

Contrairement aux techniques précédentes, manuelles, la photogravure ne résulte pas du dessin de l’artiste mais du transfert d’une image par un procédé chimique. On utilise toujours une plaque de zinc ou de cuivre. La morsure de l’acide, elle, produit les rosaces typiques des procédés de reproduction photomécaniques.

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