Conserver une œuvre sur papier

Le papier est un support fragile, c’est sûr. Pourtant, conservées dans de bonnes conditions, les œuvres sur papier nous procureront assurément du plaisir pendant toute notre vie et celle de nos descendants ! Les deux grands ennemis du papier sont l’être humain (nous) et le papier lui-même (plus exactement, son acidité). Les autres risques peuvent être mitigés sans trop de problème en suivant quelques règles de base.

Avant de continuer, je dois vous annoncer une fâcheuse vérité : celui qui souhaite conserver une estampe ne doit pas la montrer. En effet, comme tout support organique, à partir du moment où le papier est produit, il commence à se dégrader. Ainsi, la plus sûre manière de conserver une oeuvre sur papier est de l’archiver.

Deux camps s’affrontent donc : ceux qui exposent leurs œuvres pour en tirer du plaisir, et ceux qui les enferment pour les conserver du mieux possible.

Les conseils suivants se situent dans un « juste milieu ». Je pense qu’une estampe doit être savourée. On ne dépense pas des centaines d’euros pour le plaisir d’observer d’un oeil torve un placard fermé. Non ! Si nous parvenons tant bien que mal à donner du sens à cette vie, c’est grâce aux plaisirs divers et variés, et l’art en fait partie ! Mais arrêtez-moi, je digresse.

Une solution offrant un bon compromis vient du graveur contemporain David Bull, qui incite ses clients/collectionneurs à ne pas encadrer leurs acquisitions. Selon lui, une oeuvre encadrée finit par faire partie du décor et ne vous enchantera que quelques jours tout au plus. Il suggère donc de ranger ses estampes soigneusement et de les sortir pour les savourer au moment opportun, quand on en a vraiment envie. De cette manière, on ne s’en lasse jamais !

Passons aux choses sérieuses : les quelques règles à respecter pour conserver une estampe ainsi que les comportements à éviter.