Évaluer une estampe : les outils

Voyons à présent des outils concrets et accessibles pour évaluer une lithographie, une gravure ou toute autre œuvre d’art.

Dans la première partie de cette section, nous avons posé les bases de l’évaluation d’une œuvre d’art à l’aide d’une méthode en 5 étapes.
Si l’évaluation d’une œuvre n’est pas chose facile, même pour des professionnels, l’estampe a l’avantage de faire partie d’une série. Cela signifie que d’autres exemplaires de la même édition ont déjà été échangés, ce qui nous renseigne sur leur valeur.

1 – Le catalogue raisonné

Le catalogue raisonné d’un artiste est un outil de référence utilisé par tous les professionnel du marché de l’art, et qui devrait devenir votre outil de référence. La moindre variation du tirage en présence par rapport à sa description dans le catalogue est suspecte. Ainsi, comparez le format de l’image et de la feuille, le type du papier, la justification avec une attention particulière, ainsi que la numérotation et toute autre information à votre disposition. Les descriptions des catalogues ne sont jamais bavardes et chaque élément présent a son importance.

On trouve donc, dans un catalogue raisonné, la description la plus complète possible – et selon des normes muséales – des œuvres d’un artiste. La description des estampes d’un artiste possède souvent son propre ouvrage nommé par exemple « œuvre gravé ». Le site de l’IFAR permet de connaître tous les catalogues raisonnés existants ou en préparation.

Le catalogue donne aussi de précieuses informations sur la production de l’artiste, sa manière de travailler, ses éditeurs et imprimeurs, ainsi qu’une étude de ses différentes signatures.
La plupart des catalogues raisonnés sont édités sous forme papier et coûtent cher puisqu’ils sont produits en petit tirage (à l’attention des professionnels et des collectionneurs). Il arrive qu’ils soient publiés en édition limitée, parfois numérotée, et qu’ils comportent une estampe inédite de l’artiste (elle-même référencée dans le catalogue !).

Pour vous donner une idée, les lithographies de Picasso tiennent en 4 volumes, celles de Chagall en 6 alors que les estampes de Hans Hartung, elles, sont en trop grand nombre pour paraître un jour sous forme reliée. De fait, de plus en plus d’artistes voient leur catalogue raisonné publié sous forme électronique. Citons notamment l’immense base Picasso (plus de 20000 œuvres référencées) ou le travail de fourmi autour de Hans Hartung, pour lequel la moindre facture d’époque a été épluchée. Et pour le plaisir, je citerai encore les catalogues de Bram Van Velde ou de Jean-Paul Rioppelle.

Les catalogues raisonnés sont aussi des œuvres d’art à part entière, souvent tirées en édition limitée. (© Christie’s)