Les trois familles d’estampes

Pour cette introduction, nous distinguerons seulement les trois grandes familles d’estampes : intaglio, en relief et à plat. Avant de nous perdre dans les techniques de l’eau-forte, de l’héliogravure en passant par la pointe sèche, il est possible de regrouper toutes les estampes définies ci-dessus en trois catégories. Les différentes techniques au sein de ces trois familles sont détaillées dans cet article.

La gravure Intaglio

L’impression intaglio, de l’italien « entaille », a pour principe de graver des sillons sur une plaque. L’encre est appliquée sur la plaque et pénètre les sillons. On enlève ensuite l’excédent d’encre qui ne reste que dans les sillons, c’est-à-dire les lignes du dessin. La feuille de papier est pressée contre la plaque. Elle en ressort imprimée de la gravure, dont les lignes apparaissent en relief.

On peut graver la plaque de métal directement à l’aide d’outils de différentes tailles, ce sont les gravures en pointe-sèche ou encore au burin. Ce procédé crée des barbes (les morceaux de métal retirés) donnant à la gravure un velouté apprécié. Graver ainsi nécessite une technique particulière, loin de celle du dessin. Pour plus de facilité, la plaque de zinc est recouverte de graisse sur laquelle l’artiste dessine avec un outil pointu. La gravure en tant que telle est due à l’acide, dans lequel la plaque est plongée, qui va attaquer les zones où la graisse a été découverte. Les techniques employant l’acide sont l’eau-forte (ou simplement « gravure »), l’aquatinte bien d’autres techniques.

Les représentants majeurs de la famille d’estampe intaglio sont Dürer, Goya, Rembrandt – en somme, plutôt des artistes classiques. On reconnaît ces estampes par la marque de la plaque autour de l’image et par l’extrême finesse des lignes gravées.

En vidéo, l’illustration de l’intaglio par l’exemple de Rembrandt dans le cadre de la vente de cinquante gravures de l’artiste par Christie’s en juin 2016.