L’estampe, c’est quoi ?

Pour commencer…

On notera, pour commencer, que le mot « estampe » partage son étymologie avec « tampon ». Il provient de l’italien stampa signifiant « impression ». On retrouve cette notion de « presse » dans l’allemand Druck et l’anglais print   provenant, comme « imprimer », du latin imprimere (presser sur). La boucle est bouclée !

Le lien entre tous ces termes et les trois grandes techniques d’impression est bien la presse, qui va appuyer la feuille contre le support marqué et laisser l’empreinte (print) sur le papier.
L’estampe a eu plusieurs rôles au cours de l’histoire. Actuellement, une imprimante permet de reproduire, selon différentes techniques, tous les supports papier que nous connaissons, à partir d’un original au format physique ou numérique. Mais avant l’inondation de publicités dans nos boîtes aux lettres, les supports de communication étaient tirés grâces aux techniques traditionnelles de l’estampe. Si vous comparez un tirage lithographique, par exemple, et une reproduction moderne, vous verrez que le tirage moderne comporte des rosaces de couleur (sortes de petit points) que la lithographie n’a pas. En quelque sorte, elle est plus nette : cela s’observe avec un compte-fil ou une loupe, et parfois à l’oeil nu.
Voilà pourquoi les affiches de Picasso ou de Matisse, souvent des lithographies originales possèdent aujourd’hui une valeur certaine.

L’estampe, véritable œuvre d’art

Les estampes d’art, quant à elles, proviennent du désir d’un artiste de diversifier son œuvre, d’expérimenter de nouvelles techniques ou de diffuser son travail au plus grand nombre. On peut évoquer K. Kollwitz, dont l’œuvre est majoritairement composée d’estampes de manière à étendre son message pacifiste. Ou encore Hundertwasser, qui a énormément travaillé avec l’estampe pour rendre son œuvre accessible au plus grand nombre. Le paroxysme de cette volonté est l’œuvre Good Morning city, sérigraphie tirée à 10000 exemplaires et coûtant seulement 100 Marks à sa sortie.

Hundertwasser, Good morning city, sérigraphie, éd. de 10000 en plusieurs couleurs (© DR)

Une estampe d’art est bien une œuvre d’art à part entière. Pour être considérée comme telle, elle ne doit pas reproduire une œuvre existante, mais doit former un projet esthétique novateur. Puisque son tirage est limité à un petit nombre, la série est considérée comme une œuvre, ainsi que chaque estampe la composant. Chaque estampe, si elle est conçue pour ressembler aux autres exemplaires de la série, est unique par sa réalisation même. Ainsi, les tirages de gravure sur bois sont tous différents de par la quantité d’encre appliquée ou l’usure du bois (après un certain nombre de tirages, l’estampe se dégrade). On voit bien cette différence sur certaines éditions dont quelques tirages sont de bien meilleure qualité que d’autres et sont donc plus recherchés. La lithographie, par sa nature, tend à lisser les différences entre les tirages d’une même édition et à amener plus d’homogénéité.

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Image de couverture : Encrage d’une pierre lithographique (©S. Denis)

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